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La dernière collaboration entre DDB et Médecins Du Monde, composée de 5 prints déjà très forts, vient désormais s’enrichir d’un film de 3 minutes. Un film qui marque : le bruit des balles continue de résonner dans votre esprit bien après que la dernière goutte de sang ait fini de s’imprimer sur votre rétine.

Si vous passez une bonne journée et n’avez pas peur de tout foutre en l’air, prenez une grande respiration et partez en apnée au cœur d’un conflit africain :

 

Porté par Felipe Vellas à la réalisation (à la baguette pour « Soul » de Leica), le film de DDB s’illustre par un angle aussi original qu’essentiel : la transmission. Cette idée que pour que l’aide soit durable, il faut également apprendre à aider. Soigne un homme une fois, il vivra. Apprends-lui à soigner, il fera vivre des centaines de personnes. Du Confucius amélioré en quelque sortes. Et il faudra au moins ça pour réaliser l’ambition radicale qu’affiche Médecins Du Monde sur ses affiches réalisées avec des visuels de l’agence Magnum : que la mort ferme sa gueule.

 

 

Pourquoi on aime ?

Du Nigéria au Bangladesh, du Yemen à la jungle de calais, la campagne résume l’engagement de Médecins du Monde avec justesse : intervenir partout où la mort frappe. Une diversité géographique qui fait écho à la palette d’émotions dépeinte dans le film et les affiches. S’engager dans les zones de conflit, c’est passer de la joie à la tristesse en passant d’un lit d’hôpital à l’autre. Ce sont les visages heureux d’enfants qui côtoient la détresse des blessés. En juxtaposant ces émotions, DDB dresse le portrait complet d’une mission humanitaire. Et nous rappelle que fermer la gueule à la mort, c’est aussi célébrer les émotions positives et négatives qui permettent de se sentir vivant.

Le film s’achève sur cette contradiction. Une blessure potentiellement fatale puis une fête. Sans que l’on puisse définir la moindre chronologie. Car ce n’est pas la survie du personnage principal qui importe, c’est celle de son savoir-faire médical. L’action humanitaire durable qu’on nous présente ici donne aux pays en conflit la capacité de se soigner eux-mêmes.

A ce titre, la dernière scène viendra peut-être nourrir certains regrets. Lorsque les gestes transmis par le médecin à la population locale sont ceux qui viennent le sauver. Certes, le film sert aussi à mettre en évidence les dangers qu’affrontent les volontaires sur le terrain. Mais est-ce que ce retour à l’envoyeur est la meilleure manière d’illustrer une transmission de savoir pérenne ? Mettre en scène des locaux soignant d’autres locaux grâce à ce qu’ils ont appris aurait peut-être mieux illustré le travail durable de Médecins Du Monde.

Ou bien la fin peut être interprétée autrement : soigné par le savoir qu’il a su transmettre, le médecin pourra sauver d’autres vies.

Ce qui est sûr, c’est que chez Plansboard, on ne soignera pas cette vilaine manie de se poser des questions sur les campagnes qui nous plaisent.

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