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Le foot de toute façon, c’est juste des mecs qui courent derrière un ballon. Et des gestes qui font lever un bar. Des adieux qui font pleurer un stade. Des joueurs qui font frissonner des foules. Des résultats qui font pleurer un peuple. Des matchs qui passionnent le monde. En somme, des mecs qui courent derrière un ballon, et tout le reste autour.

À l’occasion de la prochaine victoire du PSG sur l’OM du prochain Classico, Canal + met en scène le premier cercle de ces acteurs secondaires. Ceux qui sont prêts à tout pour pousser les 22 premiers rôles à la victoire. Supporters des deux équipes, ce spot est pour vous :

Avec humour, ce film illustre le fantasme ultime du supporter qui aimerait pouvoir influencer le cours du match depuis son canapé. Canal + donne enfin une explication à tous ces ratés incompréhensibles qui amènent généralement une remarque fleurie où noms d’oiseaux et salaires cohabitent joyeusement. Les joueurs sont maraboutés, tout simplement. Et si la ferveur du supporter doit passer par l’agitation de plumes de paons dans la fumée de brins d’encens, qu’il en soit ainsi. La victoire est à ce prix.

Pourquoi on aime ?

S’il est courant d’utiliser des images d’archives pour le teasing d’une rencontre de football, le faire en l’intégrant dans un storytelling est autrement plus intéressant. BeInSport s’était déjà essayé à l’exercice pour la Saint Valentin avec un spot d’annonce de Madrid-PSG composé exclusivement de joueurs s’enlaçant après des buts. (Ou enlaçant le poteau de corner, mais ça c’est juste Kurzawa).

Ici le film de Canal + offre de fausses explications à de vraies images. Il intègre de manière astucieuse les images d’archives à l’histoire qui est racontée. Alors que pour donner envie, la chaîne devrait naturellement montrer des buts et des actions remarquables, les seuls moments de football du film sont les gestes les plus frustrants. Parce que le thème du spot n’est pas ce qui se passe sur le terrain. C’est ce qu’il y’a autour.

Une saga publicitaire

Si vous suivez un peu le football, vous connaissez sans doute la rivalité qui anime ces fameux PSG-OM. La province contre la capitale. Le Nord contre le Sud. « Paris la hautaine VS Marseille la populaire » comme l’écrivait Daniel Riolo.

Si vous suivez beaucoup le football, alors vous savez que cet antagonisme est monté de toutes pièces depuis le début des années 90 par Bernard Tapie, alors dirigeant de l’OM et… Canal+, entré au capital du PSG en 1991. Pourquoi ? Pour en faire un argument marketing afin de mieux vendre les matchs entre les deux villes les plus peuplées de France.

Ce spot, c’est donc Canal + qui monte en épingle sa diffusion du match grâce à une rivalité qu’il a lui-même tricoté. Ou quand la pub s’appuie sur l’insight qu’elle a patiemment construit elle-même au cours des années…

Un pan digital léger

Le film se décline également en digital avec le site www.cavapiquer.com qui permet de piquer virtuellement la poupée vaudou de l’équipe adverse. Fait notable :  les boutons de partage sur Facebook et Twitter intègrent un message pré-rédigé qui inclut le nombre de clics effectués sur l’une ou l’autre poupée. C’est à peu près tout ce qu’il y’a à signaler. Passé quelques minutes, le site manque donc d’intérêt ; ainsi qu’une occasion : d’être la première campagne française d’envergue à intégrer un jeu incrémental à sa stratégie de communication.

Ces jeux, popularisés en 2013 par Cookie Clicker, dévoilent leur contenu au fur et à mesure que l’on clique sur un objet. Le principe étant simple, il est déclinable dans n’importe quel univers. L’intégrer dans le relais digital de ce film aurait donc été une belle rencontre entre communication de marque et culture internet. La prochaine fois peut être ?

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